L’absence de déchet radioactif à vie longue
Les combustibles utilisés dans un réacteur de fusion sont abondants, également répartis à travers le monde et de grande densité énergétique. Le deutérium est extrait de l’eau de mer et les réserves sont estimées à plusieurs millions d’années. Dans un réacteur de fusion, le tritium sera fabriqué in-situ à partir du lithium qui est très abondant dans la croűte terrestre et les océans. Par conséquent, aucun des combustibles de base, le deutérium et le lithium, pas plus que le produit de la réaction, l’hélium (un gaz neutre), ne sont radioactifs. Si l’on excepte le premier démarrage qui nécessite une charge initiale en tritium, un réacteur de fusion ne demandera pas de transport de matière radioactive.
A la fin de la vie du réacteur de fusion, les matériaux entourant le plasma et constituant la structure du réacteur seront activés. Sur le plan de l’impact environnemental, le choix pour ces éléments de structure de matériaux à faible activation (ou plus exactement à temps de décroissance rapide) permet de minimiser les quantités de déchets radioactifs. Après une période de 100 ans suivant l’arrêt définitif du réacteur, la majorité (voire la totalité) des matériaux peut être soit considéré comme des déchets de très faible activité (satisfaisant aux normes de déclassification des déchets nucléaires définies par l’AIEA et recommandées par la Commission Européenne) soit recyclé dans la filière nucléaire.
Cette qualité peut être illustrée par une image forte (figure 1) : en moyenne après 100 ans de décroissance, la radioactivité moyenne des matériaux d’un réacteur de fusion est plus faible que celle des cendres du charbon qui aurait produit la même quantité d’énergie[1]. L’élimination des déchets de fusion par la génération qui a contribué à les créer est un objectif tout à fait réalisable
[1] Le charbon contient toujours à l’état de traces du thorium et de l’uranium


