Une baleine blanche avale les 2 dernières bobines de JT-60A   

imgAinsi pourrait être intitulé l'épilogue de la contribution française au projet JT-60SA concernant la réalisation de 10 des 18 bobines supraconductrices de champ toroïdal pilotée par le CEA.

La réalité est bien moins dramatique!

Il n'aura fallu pas moins des 3860m de la plus longue piste de décollage civile d'Europe, Jeudi 15 février à 15h, pour qu'un (colossal, est-il besoin de le préciser?) Antonov 124 décolle de l'Aéroport de Vatry (Marne), lesté des 62 tonnes de son chargement (ce léviathan peut toutefois transporter 150t, soit deux fois et demi cette charge...).

Situé à deux heures de Paris, c'est dans une ambiance brumeuse et presque sibérienne, que le chargement de ces deux dernières bobines françaises a eu lieu dans la matinée. Bien que de tailles conséquentes, celles-ci ont été littéralement avalées par l'appareil de la compagnie Ukrainienne éponyme.

Pour rappel, ces bobines ont été fabriquées par General Electric (ex Alstom), à Belfort, sous la supervision du CEA. Elles ont été testées à Saclay dans une station d'essai cryogénique (CTF) dédiée, avant d'être acheminées jusqu'à leur point d'envol. L'ensemble du projet a été coordonné par F4E pour assurer le lien entre les contributeurs volontaires européens,  dont la France, et le Japon, dans le cadre de l'Approche élargie à ITER.

Seules ces 2 dernières bobines (Isabelle et Jeanne) profitent d'un voyage en avion, les  autres ayant choisi la voie maritime, moins onéreuse, mais bien plus longue.

Le chemin jusqu'à leur destination (Naka, Japon) n'est cependant pas terminé.

Une fois arrivé à Nagoya (Japon), elles seront déchargées de l'avion, remontées sur un bateau pour rejoindre le port d'Hitachi, reprises ensuite par deux camions en convoi exceptionnel puis finalement livrées au centre de Naka où QST (national institute for Quantum and radiological Science and Technology) assure l'assemblage de JT-60SA.

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CR160259, dépêche du 16/02/2018